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Taux fixe ou taux variable ? Ou les deux ? Toutes les clés pour bien choisir

18 mars 2019
9 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 oct.

Lorsque vous envisagez d’aller voir votre banque pour financer un nouvel investissement, la question « à quel taux vais-je obtenir mon crédit ? » est certainement ce qui va compter le plus pour vous pour savoir si vous avez eu les meilleures conditions de financement.

Or derrière cette notion de « taux », d’autres éléments sont à prendre en compte car ce dernier sera différent en fonction de la durée de financement retenue mais il pourra aussi être fixe ou variable avec des caractéristiques bien différentes. Le choix que vous retiendrez entre taux fixe et taux variable pourra fortement influer sur la durée et le coût total du crédit avec, pour chacun d’eux, ses avantages et ses inconvénients.

La différence entre ces deux opérations financières est fondamentale et l’écart de mensualités peut impacter vos remboursements et de ce fait votre marge de sécurité prévisionnelle. C’est pourquoi, il est prudent de faire appel aux services d’un spécialiste avant de contracter un crédit si on ne maîtrise pas assez ces éléments financiers.

Qu’entend-on par taux fixe ? Quelle est la définition du taux variable ? Quelles sont les principales différences entre ces deux taux ? Voici des questions auxquelles nous allons tenter de vous apporter quelques réponses pour vous guider dans votre futur investissement.

Le taux fixe

Un prêt à taux fixe est un prêt dont le taux est fixé dès le départ et ne subit aucune variation pendant toute la durée du prêt.

Le taux fixe s’adresse aux emprunteurs qui souhaitent miser sur la sécurité. Avec le taux fixe, aucune surprise n’est possible, puisque tout est défini à l’avance.

Avantage du taux fixe

Le taux fixe permet d’avoir une idée précise du coût du crédit dès le début de l’emprunt, et durant toute sa durée. Le taux initial est invariable jusqu’à la fin du remboursement. L’emprunt à taux fixe peut être renégocié et être racheté dans le cadre d’un rachat de crédit. En agriculture, le nombre de banques présentes étant limité, le rachat et la renégociation des taux sont souvent refusés, mais il faut savoir que rien ne l’interdit. Le refus est lié à une politique propre aux banques qui souhaitent protéger leurs encours.

Ainsi, tout est connu dès l’offre de prêt : non seulement le taux d’intérêt, mais aussi le coût total du crédit (la somme des intérêts payés à la banque), la durée de remboursement et le montant des échéances. Le niveau du taux fixe dépend notamment de l’évolution des taux longs, comme l’Obligation assimilable du Trésor (OAT) à 10 ans.

Qu’il s’agisse d’une proposition de crédit amortissable ou d’un prêt in-fine, l’un ou l’autre peut proposer un taux fixe, un taux variable, voire les deux combinés dans certains cas. Comme son nom l’indique, le taux d’intérêt fixe prévoit un coût du crédit fixe et des intérêts fixes pendant la durée du contrat.

En outre, l’emprunteur connaît les mensualités à payer tout le long du crédit. Ces derniers peuvent augmenter avec le temps, selon ce qui est décrit dans le contrat. Par exemple une augmentation de 2% tous les 5 ans. Il est également envisageable de moduler le montant des mensualités en fonction des revenus de l’emprunteur : on parle alors de taux fixe à échéances modulables. (+ ou – 30% par exemple).

Cette solution de modulation, est bien trop souvent négligée alors qu’elle présente de nombreux avantages ! En effet, si vous avez des gros prêts qui se terminent dans les quelques années à venir, il peut être judicieux de choisir une durée d’investissement plus longue au départ pour ensuite moduler votre échéance à la hausse une fois ces gros prêts échus. Cela aura pour impact de diminuer fortement votre coût de crédit, sans venir alourdir davantage vos annuités par la suite, tout en ayant au départ des échéances plus faibles.

A l’inverse, moduler vos échéances à la baisse permet de « faire un peu de place » dans vos remboursements en cas de difficultés de trésorerie ou pour faire face à un nouvel investissement. Cela peut aussi être une solution pour obtenir un taux plus faible (un taux sur 10 ans sera moins élevé qu’un taux sur 12 ans par exemple), la modulation ne modifiant pas le taux, vous pourrez au bout d’un an, allonger votre durée tout en conservant votre taux initial.

Inconvénients du taux fixe

Le taux fixe ne permet pas de bénéficier d’une éventuelle baisse des taux du marché. Par ailleurs, des indemnités de remboursement anticipé peuvent être dues, pour compenser le manque à gagner de la banque sur les intérêts non versés. Pour un crédit immobilier souscrit à titre personnel, elles sont plafonnées par la loi au plus faible de deux montants : six mois d’intérêts sur le capital remboursé, au taux moyen du prêt, ou 3 % du capital restant dû avant le remboursement (articles L. 313-47 et R. 313-25 du Code de la consommation). Pour les prêts professionnels, dont la plupart des prêts agricoles, elles sont fixées librement par le contrat : vérifiez-les avant de signer.

Les taux variables

Aussi appelé taux révisable, le taux variable est un taux d’emprunt qui évolue à une périodicité fixée par le contrat (souvent chaque année, à la date anniversaire du prêt).

Un prêt à taux variable suit l’évolution de l’indicateur financier sur lequel il est indexé. Le prêt à taux variable est généralement moins cher au début, mais le risque existe lorsque le taux monte et qu’il devient supérieur à celui d’un prêt à taux fixe. Le taux variable connaît des variations en fonction d'un indice de référence, l’Euribor (le Tibeur en traduction française), qui est le taux interbancaire de la zone euro.

L'Euribor est un taux de référence du marché interbancaire européen, qui représente le taux d'intérêt auquel les banques d'Europe se prêtent des liquidités entre elles à court terme. L'évolution du taux d'intérêt suivra les évolutions de l'Euribor : s'il grimpe, votre taux d'intérêt augmente ; s'il baisse, votre taux d'intérêt décroît. Il arrive que les prêteurs utilisent parfois des indices plus exotiques (monnaie étrangère, etc.). Le taux d’intérêt correspondra à la somme de cet indice et de la marge prélevée par la banque, inscrite dans le contrat de prêt.

C’est donc pour cela que dans le cas d'un prêt à taux variable (ou prêt à taux révisable), le taux d'intérêt peut connaître des variations tout au long de la durée de vie du crédit. De fait, il est impossible de connaître à l'avance le coût total du crédit. Reste donc à savoir comment et pourquoi ce taux évolue !

Les différents types de taux variable

Pour limiter ces fluctuations, les banques proposent le prêt capé : le taux ne peut pas varier au-delà d’une limite fixée au contrat, à la hausse seulement, ou à la hausse comme à la baisse.

On parle de prêt Capé lorsque le taux variable est plafonné à la hausse uniquement ou à la hausse et à la baisse par un contrat à plus 1 ; 2 ou 3 points par rapport au taux de départ. Quelle que soit l’évolution du marché, le crédit ne peut alors pas dépasser le pourcentage défini par le taux capé.

Exemple : le taux de départ est de 4,7% avec un cap à 2 points, le taux ne pourra pas franchir la barre des 6,7% ni descendre sous les 2,7% si la baisse est limitée, si elle ne l’est pas, le taux pourra même atteindre 0%. On voit bien là l’intérêt de cette formule, cela ajoute une sécurisation intéressante, surtout lorsqu’on a contracté un prêt à long terme, mais cela permet de faire potentiellement baisser son coût de crédit dans un contexte de baisse ou maintien des taux d’emprunt.

Le plafonnement de l’échéance : le montant du remboursement mensuel reste identique, mais la durée du prêt peut être allongée

La limite de variation de taux ou la variation de taux minimale : le taux ne peut être recalculé que selon certains critères (pas plus de 1% d’augmentation par an, par exemple).

Les raisons pour choisir un taux variable ?

Le taux variable permet de bénéficier des fluctuations du marché, ce qui est intéressant en cas de baisse des taux. Ce taux évite très souvent d’être pénalisé en cas de remboursement anticipé.

De plus, le taux variable est généralement inférieur au taux fixe, et c’est souvent le principal atout mis en avant par les banques. Cependant, comme ce taux peut augmenter, il ne devient intéressant que si l’écart avec le taux fixe est important.

Avec des taux fixes très élevés, on peut légitimement espérer une baisse. C’est le scénario qu’ont vécu les emprunteurs ayant souscrit des emprunts à taux variable au début des années 2000. Les taux fixes oscillaient alors entre 5 et 6 %. Les taux révisables se négociaient un point de moins et l’on prédisait encore une détente des taux.

Le choix dépend donc du contexte. Quand les taux fixes sont bas, l’intérêt du taux variable se limite surtout aux prêts courts (5 à 7 ans) : les premières années coûtent moins cher qu’avec un taux fixe (puisque le taux variable, au départ, est plus bas) et la durée limitée du prêt réduit le risque de subir longtemps un taux variable élevé.

L’histoire récente montre qu’aucun scénario n’est garanti. Après une longue période de taux très bas, les taux sont fortement remontés à partir de 2022, et la Banque centrale européenne a de nouveau relevé ses taux directeurs en 2026. Un emprunteur en taux variable non capé a vu ses échéances augmenter d’autant.

Si vous ne voulez pas prendre le risque de tout financer en taux variable, vous pouvez optimiser votre coût de crédit en mixant les deux taux. Par exemple, sur un projet d’investissement de 150 000€ sur 7 ans, vous pouvez financer 100 000€ à taux fixe et 50 000€ à taux variable. Cela vous permettra de baisser le taux moyen de votre financement dans un premier temps, puis si les taux baissent, vous optimiserez votre coût de crédit. A l’inverse, si les taux augmentent, les 2/3 de votre investissement seront sécurisés en taux fixe et le temps que le taux variable dépasse largement le taux fixe, vous aurez remboursé une grosse partie des intérêts, ce qui limitera l’impact global.

Inconvénient du taux variable

Le caractère variable de ce taux empêche l’emprunteur de prévoir à l’avance le coût total de son crédit.

Le taux révisable n’offre pas à l’emprunteur un taux constant pendant la durée du crédit. Le taux subit des fluctuations en fonction de l’évolution du marché. Le montant des mensualités change aussi en cours du prêt et le débiteur ne connaît le coût total du crédit qu’il a payé qu’à la fin de son remboursement.

Au départ, ce taux ajustable est plus faible que le taux fixe, mais il monte ou baisse selon les indices de référence. Le réajustement se fait à la périodicité prévue au contrat, souvent à la date anniversaire. Selon le contrat, il peut être possible de passer en taux fixe en cours de prêt (voir plus bas). Une remontée soudaine des taux peut avoir de lourdes conséquences pour l’emprunteur, c’est pourquoi le choix d’inclure du taux variable sur un investissement dont les annuités vont peser lourd sur l’exploitation ne doit se faire que si vous avez une capacité de remboursement suffisante. Faire le choix du taux variable pour essayer de diminuer un peu ses échéances car votre capacité de remboursement est limitée n’est surtout pas la bonne solution !

Taux fixe ou taux variable ? Ne choisissez pas seul !

En résumé, le taux fixe est plus sécurisé qu’un taux variable, mais peut aussi se révéler moins avantageux financièrement puisqu'il est généralement plus élevé au départ.

Les mensualités des prêts à taux variables restent souvent stables la première année, voire les deux premières années.

Or, en début de prêt, les échéances comportent la plus grande part des intérêts : un taux plus bas pendant ces premières années peut donc représenter une économie réelle par rapport à un taux fixe, même si les taux remontent ensuite.

N'hésitez pas à demander conseil à un spécialiste pour qu’il puisse vous faire des simulations taux fixe, taux variable, mix des deux et vous conseiller en fonction du type d’investissement que vous souhaitez effectuer.

Vous devez impérativement prendre la mesure de tous les risques en cas de remontée des taux et vous assurer que, le cas échéant, vous serez en mesure de payer la mensualité maximum.

Si une clause du contrat le permet, le taux variable peut être redéfini en taux fixe. Ce changement de type de taux est alors définitif. Convertir son prêt entraîne des frais dont il faut tenir compte dans le calcul de la rentabilité d'une telle opération : nouveaux frais de dossier, nouvelle garantie, pénalités de remboursement anticipé...

Le bon choix d’un taux dépend de plusieurs paramètres qui concernent le prêt. Si la proposition en taux fixe de votre banque présente très peu d’écart avec celle à taux variable, choisissez du fixe : le gain espéré sur le variable ne compensera pas le risque.

Le taux fixe est à recommander pour un crédit à long terme à cause de la sécurité qu’il donne. Tandis que le taux révisable est préférable pour ceux qui cherchent un prêt flexible pouvant s’adapter aux conditions basses des marchés et ceux dont la situation financière peut faire face à l’augmentation du taux.

Article mis à jour en octobre 2026.

Sources :

https://www.credixia.com/a-propos/questions-frequentes/quelle-difference-entre-taux-fixe-et-taux-variable

https://www.quechoisir.org/conseils-pret-immobilier-taux-fixe-ou-taux-variable-n3033/

https://immobilier.jll.fr/blog/article/la-difference-taux-fixe-et-taux-variable

https://www.acecredit.fr/fr/taux-fixe-ou-taux-variable.html

https://www.meilleurtaux.com/credit-immobilier/le-guide-de-l-emprunteur/pret-immobilier-taux-fixe-ou-revisable/bilan.html

http://www.rachat-de-credit-simulation.com/difference-entre-un-taux-fixe-et-un-taux-variable.html

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006069565/LEGISCTA000032222295/

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006069565/LEGISCTA000032807570/

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